La peste équine

Tout au long de cet article, le terme « cheval » sera utilisé pour faire référence aux chevaux et aux poneys et le terme « âne » sera utilisé pour faire référence aux ânes, aux mules et autres hybrides. Lorsque le terme « équin » est utilisé, il fait référence à tous les chevaux, poneys, ânes, mules, zèbres et hybrides.

Qu’est-ce que la peste équine ?

La peste équine africaine (PEA) est causée par un virus transmis par les moucherons ; elle infecte les chevaux, les ânes et les zèbres. Les chevaux sont les plus touchés par la PEA. Les ânes moins, et les zèbres assez peu, souvent sans signes de maladie. Il existe neuf souches différentes de virus de PEA (sérotypes). La sévérité de la maladie varie selon les souches mais toute épidémie de PEA, peu importe la souche, aurait un grand impact sur la population équine. La peste équine africaine n’est pas transmissible aux humains. Une épidémie de PEA pourrait causer la mort ou maladie sévère d’une grande proportion de chevaux ou d’ânes. De plus, les mesures prises pour contrôler la maladie, à savoir la quarantaine, pourraient avoir un impact majeur sur l’industrie équine, en empêchant les animaux de se rendre aux compétitions ou de se déplacer dans le pays. La peste équine africaine n’existe pas en France. Ce virus n’est présent que dans certaines régions d’Afrique. Cet article a pour but de fournir des faits et des conseils sur cette maladie.

Comment se transmet la peste équine africaine ?

Le virus de la PEA se transmet directement de cheval à cheval (ou entre tout autre équin). La transmission du virus entre chevaux, ânes et zèbres se fait grâce à de petits insectes, les moucherons (espèces de culicoïdes). Le virus peut également être transmis de façon mécanique par des transfusions, du sang infecté ou un manque d’hygiène (par exemple en utilisant de l’équipement médical ou des aiguilles hypodermiques contaminés). On ne sait pas si le virus peut se transmettre via la semence ou les ovules des animaux contaminés. Les chiens peuvent être infectés en mangeant de la viande de cheval, d’âne ou de zèbre infecté.

Quels sont les risques si la peste équine africaine atteint la France ?

Il y a un faible risque d’épidémie de PEA en France. Il existe cependant un risque à travers l’importation d’animaux infectés. Il existe également un risque d’introduction des moucherons responsables du virus de la peste équine via les airs, les plantes et les fleurs. Il est interdit par la loi de faire venir des chevaux, ânes ou zèbres de tout pays infecté (sauf de la région d’Afrique du Sud qui n’est pas infectée).

Signes cliniques chez les chevaux et les poneys :

Les chevaux et poneys sont très sensibles à la peste équine. En cas d’infection, des signes cliniques sévères se manifestent, suivis par la mort dans 50 à 95 %  des cas. Parmi les signes cliniques : • fièvre (souvent plus de 40ºC) • difficultés respiratoires • toux • écoulements nasaux abondants • gonflement de la tête, en particulier au-dessus des yeux • coliques • mort subite   La peste équine n’est pas répandue en France, la population équine locale n’est donc pas immunisée contre cette maladie. Il est probable que des signes cliniques sévères soient observables chez les chevaux et les poneys ainsi qu’un fort taux de mortalité au début de l’épidémie.

Signes cliniques chez les ânes et les zèbres ainsi que chez les chevaux et poneys ayant déjà été exposés au virus :

Les ânes et les zèbres sont relativement résistants à la peste équine et présenteront généralement moins de signes cliniques que les chevaux et les poneys. S’il survenait une épidémie de peste équine en France, le taux de mortalité des ânes serait de 5 – 10 %, tandis que celui des mules serait plus élevé (50 – 70 %). Il est rare que des zèbres meurent de la peste équine, ils peuvent cependant être porteurs de la maladie et infecter  d’autres animaux. De plus, les chevaux et poneys ayant déjà été exposés à la peste équine (ou vaccinés contre) présentent moins de signes cliniques. Dans de tels cas, les signes cliniques comprennent : • fièvre (39ºC – 41ºC) • perte d’appétit • légère difficulté respiratoire • œdème (gonflement, généralement autour ou au-dessus des yeux Souvent, les zèbres ne présentent pas de signes cliniques. Vaccination   Il n’existe aucun vaccin disponible contre aucun des sérotypes de PEA en Europe. Les vaccins que l’on trouve en Afrique ne conviennent pas pour l’Europe. Une banque de vaccin est actuellement développée par la Commission Européenne, qui détiendra 100 000 doses de vaccins contre sept des différents sérotypes de PEA. Ces vaccins seront utilisés de manière contrôlée en cas de situation d’urgence.

Que faire si je pense que mon cheval est atteint de peste équine ?

La peste équine africaine est une maladie très sérieuse et doit être signalée. Cela signifie que si vous ou votre vétérinaire pense que votre cheval, âne ou zèbre est infecté par la peste équine, vous devez le signaler à la DDSV (Direction départementale des services vétérinaires). Un signalement rapide est important pour aider à réduire les risques de propagation de PEA. Lorsqu’un cas est reporté, des examens sont mis en place pour déterminer la présence ou non de PEA. On peut faire un test sanguin pour confirmer le diagnostic clinique chez les chevaux et les poneys et pour aider à l’identification des ânes et zèbres infectés. Des zones de quarantaine seront mises en place pour empêcher que les chevaux, ânes et zèbres ne soient déplacés avant l’obtention des résultats des tests. Il est très important que ces animaux ne soient pas déplacés, à moins d’un ordre des autorités compétentes, pour aider à réduire les risques de propagation de la maladie. Les propriétaires doivent se renseigner sur les signes cliniques de la PEA et contacter leur vétérinaire en cas de doute d’infection.

Que puis-je faire ?

Maintenez une biosécurité adaptée : • Isolez et contrôlez les animaux récemment importés. • Souvenez-vous que les signes cliniques de PEA peuvent ne pas se remarquer chez des ânes et zèbres récemment importés mais chez des chevaux étant en contact avec ces animaux. • Veillez à ce que tous les papiers d’importations soient remplis correctement et de manière exhaustive, et que les importations soient en règles avec la législation en vigueur. • N’utilisez pas la même aiguille hypodermique pour tous vos animaux. Contrôlez soigneusement vos animaux. • Si vous pensez que votre cheval, âne ou zèbre est malade, vous devriez les examiner (ou demander à votre vétérinaire de le faire) en prenant en compte les signes cliniques de la PEA. • Votre vétérinaire local pour vous aider à diagnostiquer la PEA et à la différencier d’autres maladies. Signalez immédiatement tout cas suspect. • Une détection rapide des cas de PEA aide à réduire la propagation de cette maladie et à la contrôler. Il est essentiel de signaler immédiatement tout cas suspect de PEA à la DDSV. • Ne déplacez pas les chevaux, ânes ou zèbres que vous pensez atteint de PEA.

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